Enjeu

Communications alternatives des ONG

Les outils alternatifs de la communication d’influence, au service de la société civile

Animée par Bernard Salamand, délégué général du réseau RITMO,  la sixième table ronde du colloque SPIM portait sur la présentation et la réflexion des outils et stratégies plus ou moins alternatifs auxquels a recours la société civile engagées dans des combats militants. Elle a donné lieu à de courtes présentations successives de 2 représentants associatif, un représentant d’une agence associative et un représentant d’un collectif (Britanique).

Retrouvez les vidéos de la table ronde, puis du débat avec le public

Accédez également à la vidéo et la synthèse écrite de chacune des interventions

Vidéo des débats

En bref

Pierre Yves Gosset explique comment une petite association comme Framasoft s’y prend pour résister à des entreprises comme les GAFAM, et revient sur les différents outils numériques alternatifs crée dans le cadre de leur première campagne « Degooglisons internet ». Il clarifie ensuite les orientations de la nouvelle campagne de Framasoft, ContriUtopia, par laquelle l’association entend contribuer à ce que le monde des « libristes » puisse se mettre au service de la société civile militante.

Mathieu Monfourny décrit les activités mises en place auprès du tissu local de la société civile dans la région de Mulhouse, par l’agence de communication sociale et solidaire de l’association Old School, depuis la facilitation du lien avec des « talents en communication », jusqu’à l’accompagnement et à la formation directe des bénévoles associatifs. Il explique les difficultés que peuvent rencontrer les petites associations en matière de communication, et évoque également le travail d’éducation aux médias avec la radio MNE de leur association.

Erika Campelo montre comment, sur une série de thèmes de prédilection, la jeune association Vox Public appuie les petites associations et mouvements de la société civile dans leurs activités de communication et de plaidoyer. Elle précise les outils et types d’appuis mis en place depuis le monde numérique jusqu’aux relations médias en passant par les stratégies sur les pouvoirs publics. Elle offre également quelques illustrations de leur activité récente et, dans le cadre du débat, interroge les approches en terme d’évaluation d’impact.

Peter Marcuse revient sur pourquoi et comment le collectif Brandalism a commencé à travailler avec des artistes pour détourner les publicités et utiliser leurs espaces d’affichage pour passer des messages politiques. Formant d’autres groupes d’activistes à ces méthodes, le collectif soutient la complémentarité entre la dénonciation de l’industrie publicitaire, et l’utilisation de ses espaces pour participer à d’autres luttes écologiques et sociales. Il évoque enfin l’internationalisation du mouvement dans le cadre du réseau Subvertisers International.

Cadre problématique

Face à la communication d’influence des grandes entreprises, les associations développent, avec leurs moyens, des outils et des stratégies propres de communication et d’influence.

Pour leur communication, certaines grandes ONG ont recours aux agences, quitte à adopter parfois les méthodes les plus polémiques de l’industrie publicitaire et à entrer dans un marketing fallacieux de la solidarité. D’autres associations développent des solutions de rechange pour donner au tissu de la société civile et aux citoyens les capacités de communiquer de manière plus efficace, tout en respectant leurs valeurs et leur identité.

Certains offrent des outils numériques compatibles avec la promotion d’un internet libre, destinés aux citoyens, mais de plus en plus stratégiques pour les acteurs de la société civile alternative qui s’en emparent. D’autres rendent accessibles les compétences des communicants aux organisations du tissu local et alternatif, qui n’ont pas toujours les ressources pour soigner leurs outils de communication. Des structures s’emploient par ailleurs à accompagner et former des mouvements sociaux pour augmenter leur influence politique, afin d’engendrer des changements concrets dans l’opinion ou le cadre normatif. Certains, enfin, développent des stratégies de désobéissance civile visant à se réapproprier les espaces publicitaires pour diffuser des messages politiques.

Leurs savoir-faire et expertise technique peuvent parfois se rapprocher de ce que développe l’industrie de la communication pour le monde marchand, mais ils s’en différencient également à de nombreux égards.

Comment ces acteurs analysent-ils respectivement leur rôle vis-à-vis de la société civile, et quelles dimensions politiques attribuent-ils à leurs activités ? Peut-on voir dans leur développement la naissance d’un secteur de la communication d’influence alternatif ?

Analystes

PIERRE-YVES GOSSET
DG pour l’associationFramasoft

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MATHIEU MONFOURNY
Responsable de l’Agence de communication de l’association Old School

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ERIKA CAMPELO
Responsable de communication et centre des ressources pour l’association VoxPublic

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PETER MARCUSE
Cofondateur de Brandalism (UK)

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