Table C

Annonceurs et financements publicitaires dans les médias : des enjeux démocratiques  ?

14h30 – 16h15

Animé par Daniel Schneidermann, journaliste, directeur et présentateur du média en ligne @rrêt sur Images.

Si elle offre certainement des possibilités de développement, l’émergence de l’internet constitue, pour les médias traditionnels, une concurrence nouvelle sur le marché des financements publicitaires. Pour la presse, elle s’est manifestée sous forme de crise du modèle économique, celle-ci conjuguant la concurrence sur les financements publicitaires des médias en ligne avec la diminution de la demande de supports imprimés.

Paradoxalement, face à la baisse continue des ressources publicitaires dans la presse et les médias traditionnels, on observe une croissance permanente des espaces et contenus publicitaires dans leurs supports éditoriaux, y compris à travers le développement du publirédactionnel.

Les logiques d’audience ne sont pas sans conséquences dans la définition des programmes culturels et de divertissements, auxquels s’associent de plus en plus directement les marques. Ces évolutions se reflètent dans l’environnement professionnel, les activités et les conditions de travail des journalistes, qu’il s’agit d’analyser.

L’enjeux pour la presse d’« utilité publique » est particulier. En novembre 2017, le groupe LVMH retirait 600 000 euros au journal Le Monde pour un article sur les paradise papers. Auparavant, en plein “dieselgate”, fuitaient des courriel du constructeur automobile Volkswagen demandant à la PQR de ne pas publier certains contenus. Les enjeux de couverture de l’actualité des grands annonceurs ne paraissent plus pouvoir être négligés. Mais au-delà des affaires annuelles de retraits de financements publicitaires en représailles à des articles jugés sensibles, aucune étude ne permet d’analyser la permanence d’éventuels mécanismes d’autocensure.

DÉBAT : Comment s’organise l’intégration des logiques de communication et d’information, du point de vue de la déontologie journalistique ? L’enjeu des limites du modèle économique publicitaire et de l’indépendance des médias vis-à-vis des annonceurs appelle-t-il des politiques publiques ?

TABLE RONDE D

Données personnelles et économie publicitaire du monde numérique : quels enjeux de société ?

Accéder à la table ronde

LES INTERVENANTS

VALÉRIE PATRIN-LECLÈRE
Chercheuse au GRIPIC et enseignante au CELSA Sorbonne Université, dont elle dirige la Chaire

Valérie Patrin-Leclère a créé et dirige depuis 2004 le département Médias du CELSA, qui analyse les transformations médiatiques et forme des professionnels des médias et de la communication numérique. Elle s’intéresse aux incidences de la publicité sur les formes et les contenus médiatiques.

ALAN OUAKRAT
Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3

Chercheur à l’IRMECCEN et enseignant à l’Institut de la Communication et des Médias, ses recherches portent sur les interactions entre la publicité et l’information en ligne. Il s’intéresse au fonctionnement du marché publicitaire, aux pratiques des utilisateurs et des professionnels.

VINCENT LANIER
Journaliste en presse quotidienne régionale, premier secrétaire du Syndicat national des journalistes

Journaliste en presse quotidienne régionale depuis 1994, Vincent Lanier est le premier secrétaire du Syndicat national des journalistes (SNJ) depuis juillet 2014. Le SNJ, qui célèbre ses 100 ans d’existence cette année, est le syndicat majoritaire dans la profession.

MATHIAS REYMOND
Président de l’association ACRIMED- Action Critique Média

Auteur de plusieurs ouvrages sur les médias, notamment de “L’Opinion, ça se travaille…“ (avec S. Halimi, H. Maler, D. Vidal) et “Les éditocrates“ (avec M. Chollet, O. Cyran et S. Fontenelle). Sur la publicité, sur le site d’Acrimed : “La publicité en ligne : les médias débloquent !” (16 avril 2016)